Vous êtes déjà ce que vous cherchez….Vous êtes déjà ce que vous voulez devenir…

 IMG_3873Quand vous regardez la surface de l’océan, vous pouvez voir les vagues qui s’élèvent et s’abaissent. Vous pouvez décrire ces vagues en disant qu’elles sont grosses ou petites, plus ou moins fortes, plus ou moins belles. Vous pouvez décrire une vague en terme de début et de fin, de naissance et de mort. C’est la dimension historique. Dans la dimension historique, nous sommes préoccupés par la naissance et la mort, ce qui est plus ou moins fort, plus ou moins beau, le début et la fin, etc…
Avec le regard profond, nous pouvons voir que les vagues sont en même temps l’eau. Il se peut que la vague ait envie de découvrir sa véritable nature. La vague souffre peut-être de la peur et des complexes. Une vague dira : « Je ne suis pas aussi grosse que les autres vagues », « Je suis opprimée », « Je ne suis pas aussi belles que les autres vagues », « Je suis née et je vais mourir ». La vague souffre peut-être de ces idées. Mais si elle se penche pour toucher sa véritable nature, elle comprendra qu’elle est l’eau et sa peur et ses complexes auront alors disparu.

L’eau est libre de la naissance et de la mort d’une vague. L’eau est libre des notions de grande ou petite ou de plus ou moins belle. Seules les vagues peuvent être qualifiées de plus ou moins belles ou de plus ou moins grandes. Aucun de ces concepts n’est applicable à l’eau.

Notre vraie nature est la nature de la non-naissance et de la non-mort. Nous n’avons nulle part où aller pour toucher notre véritable nature. La vague n’a pas besoin de chercher l’eau, parce qu’elle est l’eau. Nous n’avons pas besoin de chercher Dieu, de chercher notre dimension ultime ou le nirvana, parce que nous sommes le nirvana, nous sommes Dieu.

Vous êtes ce que vous cherchez. Vous êtes déjà ce que vous voulez devenir. Vous pouvez dire à la vague : « Ma chère vague, tu es l’eau. Tu n’as pas besoin de chercher l’eau. Ta nature est la nature de la non-discrimination, de la non-naissance et de la non-mort, du non-être et du non-non-être. »

Thich Nhat Hanh
(extrait de « Il n’y a ni mort ni peur »  )